La présentation du juge Gomery m’a laissée plutôt incrédule jeudi dernier. L’écart extrême entre les générations semble être un problème clé, évidemment. Toutefois, comment se fait-il qu’en 2008, un projet de loi au contenu archaïque tel que le C-6 a-t-il pu voir le jour? Qui peut donc travailler sur l’élaboration de telles idées aussi et proposer la perpétuation de méthodes aussi désuètes? Il faudrait définitivement davantage d’Allen et de Ryan sur leur comité de consultation!
Le juge Gomery a finalement craché le morceau : la propriété intellectuelle n’est pas une priorité du gouvernement (actuel). Pourtant, comme l’a affirmé M. Tarlton mardi dernier, l’industrie de la musique est en grande forme. C’est plutôt les compagnies de disques qui éprouvent de graves difficultés. L’internet et toutes les possibilités que cet outil offre est une opportunité pour relancer une véritable économie créative et rentable de la musique. L’infrastructure requise est sans coût (sinon un abonnement à un serveur) et le potentiel est plutôt inexhaustible.
Cet écart irréconciliable entre la perception actuelle de la propriété intellectuelle (c’est-à-dire une propriété véritablement immatérielle, ou même une « propriété publique») et celle qui a donné lieu à l’instauration de « taxes » sur les cassettes et les disques vierges (propriété matérielle) est, à mon avis, une des raisons qui fait en sorte que le gouvernement continue à être littéralement déconnecté dans son approche du problème. Si les gens de ma génération (j’ai 30 ans) et celles précédentes ont, la majeure partie de leur vie, consommé leur musique à travers l’achat de cassettes et de disques compacts, très peu d’adolescent actuels le font. Cette culture de la musique que M. Tarlton décrivait (« Everybody was buying music then! ») est toujours présente, mais sa forme a changé. Toute la dimension physique et organique de l’achat de la musique n’est plus. Aujourd’hui, tout s’achète virtuellement. Comment faire comprendre à des enfants que derrière le « click here to buy now », il y a un véritable produit, une propriété jadis tangible? À mon avis, si le gouvernement s’acharne à conserver une conception traditionnelle de la propriété intellectuelle, il faut alors qu’elle soit responsable d’éduquer les jeunes générations qui sont déjà passées à une autre étape de la consommation de la musique : la virtuelle. Peut-être faudrait-il développer des outils de conscientisation et d’éducation sur les questions de propriété intellectuelle et de consommation responsable de la musique au même titre que ceux qui sont actuellement diffusé sur l’environnement et la sexualité? Nous informons les jeunes sur l’importance de ne pas commettre de crime, mais s’ils ne comprennent pas les enjeux actuels de l’industrie de la musique (contrairement à ceux qui comme moi on déjà physiquement acheté de la musique), peut-on les blâmer? Je ne le crois pas. Faudrait-il tout simplement penser à redéfinir la conception de « propriété » dans la propriété intellectuelle ou de trouver une façon de décentraliser la compétence fédérale sur la question?
Friday, February 26, 2010
Subscribe to:
Post Comments (Atom)
No comments:
Post a Comment